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Jean GIONO : un manifeste pour l’écologie

Texte extrait de sa nouvelle publiée en 1953 : « l’Homme qui plantait des arbres » :ë>ion-^€_BP†Ž‘ð}x{|wzzxvwxxv

« Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes. Je lui demandais si la terre lui appartenait. Il me répondit que non. Savait-il à qui elle était ? Il ne savait pas. Il supposait que c’était une terre communale, ou peut-être était-elle la propriété de gens qui ne s’en souciaient pas ? Lui ne se souciait pas de connaitre les propriétaires. Il planta ainsi cent glands avec un soin extrême.

 

…L’année d’après, il y eut la guerre de quatorze dans laquelle je fus engagé pendant cinq ans… Puis, c’est sans idées préconçues que je repris le chemin de ces contrées désertes… Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de parole et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt…La création avait l’air d’ailleurs de s’opérer en chaînes. Il ne s’en souciait pas ; il poursuivait obstinément sa tâche, très simple. Mais en redescendant par le village, je vis couler de l’eau dans des ruisseaux qui, de mémoires d‘homme, avaient toujours été à sec. C’était la plus formidable opération de réaction qu’il m’ait été donné de voir … Le vent aussi dispersait certaines graines. En même temps que l’eau réapparut, réapparaissaient, les saules, les osiers, les prés, les jardins, les fleurs et une certaine raison de vivre.

Mais la transformation s’opérait si lentement qu’elle entrait dans l’habitude sans provoquer d’étonnement. Les chasseurs qui montaient dans les solitudes à la poursuite des lièvres ou des sangliers avaient bien constatés le foisonnement des petits arbres mais ils l’avaient mis sur le compte des malices naturelles de la terre. C’est pourquoi personne ne touchait à l’œuvre de cet homme. Si on l’avait soupçonné, on l’aurait contrarié. Il était insoupçonnable. Qui aurait pu imaginer, dans les villages et dans les administrations, une telle obstination dans la générosité la plus magnifique ? »